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Journée digitale Recode our World #Digital

LA TRANSFORMATION DIGITALE, UN ENJEU TERRITORIAL
Plénière, suivie de l’African Smart Territory Index (ASTI) de CGLU Afrique et de la création de l’Alliance des Villes Intelligentes Africaines

Agenda

18 mai 2022
Président de la session :
M. Hamadoun Touré, Ancien SG de l’UIT, Ancien Ministre de l’économie digitale (Mali) et Ancien CEO de Smart Africa
Modératrice : Mme Kriss BROCHEC Fondatrice Africa Digital Academy – République du Congo
Rapporteur : M. Karim Sy, Strategic Partner

8:30-9:00
Accueil des participants
9:00 – 9:15
Allocution introductive : La transformation digitale, un enjeu de territoire par M. Hamadoun Touré, Ancien SG de l’UIT, Ancien Ministre de l’économie digitale (Mali) et Ancien CEO de Smart Africa
9:15-10:30 Présentations
Benguerir, Smart City, facteurs clés de réussite d’une co-construction par M. Aziz Bouignane, Gouverneur de la Province de Rhamna (Maroc)
Comment Silicon Harlem transforme les marchés urbains en centres de technologie et d’innovation afin d’assurer la prospérité économique pour tous, une étude de cas particulière à partager avec nous, par M. Clayton Banks, co-fondateur et PDG de Silicon Harlem. (Video)
Rôle et place du capital humain pour une transformation digitale réussie par M. Deror Sultan, Directeur Général de 01 Talent et DIDIER DROGBA, invité spécial
10:30 – 11:00
Panel 1 - Quels sont les prérequis pour engager la transformation numérique des administrations décentralisées ?
Panélistes :
● Mr. Mohamed Ali HABOUHA, Gouverneur de la Province de Berkane
● M. Vincent TOHBI IRIE, Ancien Préfet d’Abidjan et President de l’ONG “Aube Nouvelle"
● Ms Kate Isa, Fondatrice et PDG de Katchey Company Limited
● M. Nicolas Sadirac, Fondateur et Chief pedagogy Officer 01Talent,
11:00 – 11:45
Panel 2 : La finance digitale, un enjeu d’inclusion au service des smart territoires
● M. Courage Mashavave, PDG, Steward Bank Ltd, part for EcoCash Holdings
● Dr Wilmot Allen PDG et fondateur de Venturlift Africa, Kenya,
11:45 – 12:15
Panel 3 : Villes intelligentes et innovation
Panélistes
● M. Kamal Ben Amara, Maire de Bizerte
● M. James ODEDE, Co-Fondateur d’Aquarech et Co-fondateur de LakeHub
● Mr Ange Frederick Balma, Président Directeur Général LIFI-LED
● Mme Jacqueline Rajuai, Global Solutions & Go-to-Market, GOOGLE
● M. Kenneth Anye, Head of Public Policy Africa, Bolt
12 :15 – 12 :30
Présentation du baromètre de maturité digitale des territoires africains – ASTI par M. Christophe Lumsden, conseiller CGLU Afrique

Remarques conclusives :
Lancement de l’Alliance Panafricaine des Villes Intelligentes, par M. Hamadoun Touré, Ancien SG de l’UIT, Ancien Ministre de l’économie digitale (Mali) et Ancien CEO de Smart Africa et Mr Moussa Mara, Ancien Premier Ministre du Mali

Contexte

L’Afrique est la région du monde où l’accès à l’énergie, une condition sine qua non pour accéder à la connectivité aux technologies mobiles, est la plus faible. Dans les pays développés, presque tout le monde a accès à l’électricité ; en Afrique, 7 personnes sur 10 n’y ont pas accès. On devrait donc s’attendre à ce que ce retard dans l’accès à l’énergie entraîne ipso facto le retard dans le domaine des technologies digitales, mais tel n’est pas le cas. Le nombre d’utilisateurs des services mobiles croît 2 fois plus vite en Afrique que la moyenne mondiale. 70% de la population africaine utilise les services mobiles (contre 93 % en Europe). Du fait des infrastructures du réseau Internet fixe, et parce que le réseau de téléphonie mobile tend à couvrir l’ensemble de leur territoire national, les pays africains ont dû faire le choix du développement de l’Internet mobile à haut débit comme axe stratégique de la connectivité du continent.

La crise sanitaire de la COVID-19 a précipité l’impératif de la transformation digitale à laquelle tous les acteurs ont été invités à adhérer sous peine de devoir arrêter leur activité ou leur développement. Ce mouvement touche désormais les collectivités territoriales où le digital est de plus en plus au service du fonctionnement et de la gouvernance, du développement économique local, et de la création d’emplois, surtout pour les jeunes.
Aujourd’hui, le digital est au cœur de tout processus de transformation. Même s’il est utilisé à des degrés différents (smartphone, objets connectés, intelligence artificielle...), il n’en demeure pas moins que les facteurs clés de son développement reposent sur trois éléments fondamentaux : le développement des infrastructures au rythme et niveau appropriés ; la disponibilité des ressources humaines de qualité ; l’existence d’un environnement institutionnel, juridique et financier favorable. Les collectivités territoriales ont la possibilité de mettre en place ou de coopérer à la mise en place de ces éléments fondamentaux en partenariat avec l’État ou le secteur privé. Elles peuvent jouer un rôle d’accompagnateur, de connecteur mais aussi de créateur d’opportunités pour les acteurs du numérique. Le digital est aussi un formidable accélérateur de la transition écologique et énergétique.

Le digital comme levier de développement territorial
La 9ème édition d’Africités est la première édition organisée depuis le début de la pandémie. Elle marque une étape importante dans la vie des territoires. Le rôle et l’importance du numérique n’ont jamais été aussi déterminants que pendant cette période, marquée par la pandémie de Covid-19. L’intégration du digital dans les processus de gouvernance a été engagée de façon irréversible pour plus de résilience. Le recours aux solutions numériques a permis à de nombreuses populations d’avoir accès à des services bancaires grâce à la mise en place de « mobile money ». L’émergence de l’économie de plateforme favorisée par les solutions digitales, a permis d’ouvrir de nouveaux marchés à des populations qui n’y avaient pas accès, comme les coopératives de femmes, notamment en milieu rural. L’investissement des jeunes dans le numérique leur a ouvert de nouvelles perspectives dans les industries culturelles et créatives. Tout ceci pour dire que le numérique ouvre véritablement un champ nouveau pour le développement des territoires, notamment les villes intermédiaires. Pour accompagner favorablement ce mouvement, les collectivités territoriales doivent se poser un certain nombre de questions :

  • Comment développer un schéma directeur numérique du territoire ?
  • Existe-t-il une spécificité africaine en matière de territoires intelligents ?
  • Comment mettre à niveau les compétences nécessaires pour construire un écosystème intelligent et durable qui tienne compte des réalités locales ?
  • Une ville intelligente étant aussi une ville qui tient compte de la diversité de sa population, quelle place les femmes et les jeunes devraient avoir dans le processus de transformation digitale des villes et territoires ?

Le digital comme outil d’administration des territoires
Digitalisation, simplification, modernisation, fiabilisation des relations entre administrations et citoyens, sont incontestablement les défis à l’ordre du jour pour toute administration publique nationale ou territoriale. D’importants travaux sont engagés dans le cadre du volet de la réforme territoriale engagée dans de nombreux pays africains, notamment concernant le maintien des services publics de proximité sur le territoire. La transformation digitale participe à la modernisation des services d’État civil, du cadastre, de la gestion des déchets, de l’organisation et du fonctionnement des systèmes de mobilité, de la réponse aux catastrophes et de leur prévention, de la protection civile, etc. Elle contribue à l’amélioration de la connaissance des bases imposables et la perception des impôts. Pour beaucoup d’experts, grâce à la transformation digitale, les collectivités territoriales d’Afrique peuvent rattraper plus rapidement leur retard dans le domaine des services aux populations.
La crise sanitaire a plus que jamais démontré l’importance du numérique pour assurer non seulement la survie de plusieurs pans de l’économie, mais aussi être un véritable catalyseur pour accélérer la transformation des services publics territoriaux. Le numérique a permis de maintenir le fonctionnement des services d’éducation, l’emploi et les approvisionnements en biens et services essentiels. Le numérique a amené de nombreuses collectivités à se poser des questions pour réinventer le fonctionnement des administrations territoriales :

  1. Comment l’e-gouvernement peut-il améliorer la relation entre administration et administrés ? Quels services numériser en priorité ?
  2. Quels sont les prérequis pour engager la transformation numérique des administrations décentralisées ?
  3. Quelle confiance accorder à la transformation digitale face aux risques que le numérique représente pour la protection de la vie privée et des données personnelles ?
  4. Comment résoudre la question du désenclavement numérique des territoires pour éviter la fracture digitale ?

Le digital comme catalyseur dans l’équipement des territoires
Le besoin d’investissements nécessaires pour garantir un accès universel à l’Internet en Afrique d’ici 2030 est de 100 milliards de dollars selon la Banque mondiale. La question qui se pose est de savoir comment mobiliser de tels moyens et quelle stratégie adopter pour garantir une couverture universelle et éviter la multiplication des zones blanches et l’approfondissement de la fracture digitale. Comment par ailleurs définir la stratégie d’équipement du territoire qui permette de garantir le meilleur mix et une meilleure progressivité dans la mise en œuvre des infrastructures et des équipements de support ? La session devrait permettre d’apporter des éléments de réponse à ces questionnements.

Le Smart Territory Index et l’alliance Panafricaine des villes inteliigentes, 2 outils pour évaluer et suivre les progrès d’une part et pour améliorer les synergies et partage d’expériences africaines d’autre part.

Le concept de Smart City a été essentiellement développé au sein des économies développées et a été appliqué d’abord et avant tout dans les grandes villes et les régions métropolitaines dont les moyens humains et financiers sont très importants.
En Afrique ce concept peine à s’imposer, car dans la plupart des pays le niveau d’infrastructures et d’équipements est encore trop faible. Pourtant les solutions mobiles s’imposent de plus en plus pour trouver des solutions adaptées aux conditions concrètes du fonctionnement des villes et territoires d’Afrique. Certes la pénétration du mobile est encore inférieure en Afrique par rapport à l’Europe (70 pour cent par rapport à 93 pour cent), mais à la différence des populations des pays développés qui privilégient les utilisations des technologies mobiles liées au commerce et au divertissement, les populations africaines ont recours aux technologies mobiles davantage pour résoudre les problèmes qu’elles rencontrent au quotidien. Ainsi pour remédier à l’insuffisante bancarisation des populations kenyanes, la firme de téléphonie mobile Safaricom du Kenya, a développé la plateforme de paiement mobile M-Pesa qui a été précurseur dans l’adoption du mobile money de par le monde. Au-delà des utilisations financières et bancaires, les solutions numériques se développent rapidement dans trois domaines, essentiellement pour conjurer le défi de la distance, pallier le manque de personnel qualifié, ou la distorsion des informations à l’origine de la distorsion des marchés : le domaine de l’agriculture et de l’économie agricole ; le domaine de la santé ; le domaine de l’éducation. Et grâce au saut technologique en cours sur le continent, l’Afrique apparaît aujourd’hui comme la terre par excellence de l’Internet des Objets (IoT), une technologie que l’on rattache plus volontiers au monde développé.
Force est de constater que toutes les collectivités n’ont pas le même niveau d’acculturation au numérique. Au moment où apparaissent les premières stratégies numériques, il serait important de mettre en place des référentiels communs et surtout reposant sur une cohérence opérationnelle en vue d’adresser des sujets impactant. Le baromètre de maturité des collectivités permet de mesurer année après année l’évolution des points essentiels comme l’administration électronique (services aux usagers,), la stratégie et la gouvernance numérique, l’aménagement numérique du territoire, le développement des écosystèmes numériques (formation, entreprenariat), etc...

Un des moments forts de la Journée Recode our World sera la présentation de l’ « African Smart Territory Index », baromètre de maturité digitale des territoires Africains, développé par CGLU Afrique et ses partenaires.
Ce baromètre se veut être un référentiel commun, organisé autour des fonctions essentielles que doivent adresser une ville ou un territoire,
(i) Nourrir le Territoire ;
(ii) Construire et Équiper le territoire ;
(iii) Fournir le territoire en infrastructures et services de base ;
(iv) Assurer le bon fonctionnement, l’entretien, et la maintenance des infrastructures et équipements du territoire ; et
(v) Administrer et Gouverner le territoire.

Le baromètre de maturité des collectivités détaillera comment le digital peut influencer la performance d’une ville dans chacune de ces grandes fonctions.
A la fin de la Journée, CGLU Afrique présentera l’Alliance Panafricaine des Villes Intelligentes.

Recommandations

  • Avoir une approche locale autour du citoyen (de la société) et arriver à une définition africaine de la « smartcity » tenant compte du contexte local et du territoire d’implémentation ;
  • Importance de disposer d’un capital humain formé, de qualité mondiale et en grande quantité (essentiel et prérequis) pour accompagner la transformation digitale des territoires. La CGLU doit s’impliquer plus activement dans la formation du capital humain ;
  • Partage des expériences locales réussies (et ratées) pour les déployer à large échelle. La CGLU doit assurer l’animation d’une alliance pour le numérique en Afrique en utilisant le leadership de villes de référence comme Benguerir,
  • Se doter d’un observatoire de la transformation digitale des territoires ;
  • Favoriser l’usage de l’opensource pour un partage des bonnes pratiques en complément de la coopération décentralisées ;
  • Stimuler l’implication de l’ensemble des acteurs du territoire dans une démarche de « living lab ».

Il a également été décidé de lancer l’Alliance des Villes Intelligentes Africaines avec le haut patronage de M. Hamadoun Touré et la direction du Maire de Benguerir, Maroc

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